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La légende dit que l’aligot fut inventé en 590 par trois évêques
Au printemps de cette année-là, le roi mérovingien Eutalius est très inquiet. Sa femme et ses maîtresses ne donnent naissance qu’à des filles. Eutalius a déjà dix-sept filles et pas un fils. Il demande alors aux évêques d’Auvergne, du Gévaudan et du Rouergue, tous trois grands spécialistes de la question, de se réunir pour débattre de cette situation dramatique pour l’avenir de son nom. Les trois évêques obéissent à la demande du roi et décident de se rencontrer sur le causse de l’Aubrac. Les évêques se mettent en marche ; quand ils se retrouvent enfin, le roi a dix-neuf filles, et ils ont faim. L’évêque d’Auvergne a apporté des pommes de terre. Rien de surprenant car en cette fin de siècle –le sixième- les gens d’Auvergne ne voyagent jamais sans prendre avec eux quelques kilos de pommes de terre, alors que les gens du Rouergue a donc avec lui du fromage mais aussi de la crème et du beurre. Les gens du Gévaudan, eux, ne s’encombrent jamais car ils ont peur de rencontrer la bête et de devoir s’enfuir. La bête n’est pas encore là mais ils le pressentent déjà. L’évêque du Gévaudan est donc parti les mains vides mais il a acheté, à très bon prix, de l’ail et du sel. Les trois évêques ont faim mais ils ne savent pas cuisiner. Un buronnier de passage les sauve, il jette les pommes de terre, le fromage, la crème, le beurre, l’ail et le sel dans son grand chaudron sous lequel il a bien sûr allumé un feu. Il remue alors ce mélange insolite avec une branche morte. Les trois évêques adorent ce plat sans nom. Ils en mangent jusqu’à s’endormir. A leur réveil les trois évêques, ravis de leur rencontre, se promettent de se revoir régulièrement puis ils se saluent et prennent le chemin du retour. Ils laissent les restes de ce plat délicieux sur le causse de l’Aubrac, dont il en devient la spécialité. Quant au problème du roi, les évêques gastronomes avaient oublié d’en parler. Eutalius aura six autres filles puis il mourra, et son nom disparaîtra.
Ca, c’est la légende, car l’histoire…
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